Tuesday, October 09, 2012

Le péplum sous toutes ses facettes

Le péplum sous toutes ses facettes | L'Histoire

Articles soumis le 08/10/2012


Hylas and the Nymphs, a Gallo-Roman mosaic, 3r...
Hylas and the Nymphs, a Gallo-Roman mosaic, 3rd century, in the Musée of Saint-Romain-en-Gal (France) (Photo credit: Wikipedia)
A Lyon, une double exposition rend hommage au genre méconnu du péplum. L'historien Claude Aziza nous en fait la visite guidée...

"Je vais vous conter, chers lecteurs, la chose la plus surprenante, la plus étonnante, la plus mirobolante, la plus étrange, la plus merveilleuse ! Les Musées archéologiques de Lyon-Fourvière et de Saint-Romain-en-Gal, austères temples du savoir et de la recherche archéologique, vont accueillir, six mois durant, à partir du 9 octobre 2012, une exposition sur... tenez-vous bien, le péplum.

Eh quoi, le péplum, ce pelé, ce galeux qui prétend reproduire une Antiquité niaise, ce genre machiste et homosexuel qui s'est paré dérisoirement du nom d'un vêtement grec féminin le « péplos », va exposer, sans pudeur aucune, ses charmes frelatés, ses tics en toc, ses toges en tige et ses trucs sans tract ?

Certes, le cinématographe a noué, depuis le siècle des frères Lumière, une histoire d'amour avec Lyon ; certes Bertrand Tavernier, qui y officie, est l'un des trois loustics a qui l'on doit le mot « péplum ». Mais si ceci peut expliquer cela, cela n'excuse pas ceci ou l'inverse, comme l'on voudra. Revoyons le film à l'envers.

L'idée n'est pas nouvelle de tenter d'illustrer par l'image quelques aspects de la recherche archéologique. Un seul exemple : le nouveau musée du Pont-du-Gard projette, pour expliquer la construction de l'aqueduc, des extraits du Ponce Pilated'Irving Rapper, où l'on voit le gouverneur de Judée incarné par Jean Marais inspecter les travaux d'un aqueduc qui doit acheminer de l'eau jusqu'à Jérusalem.

A Lyon, le concept est différent et double. Pour le dire très vite, à Fourvière, le péplum se met au service de l'archéologie, tandis qu'à Saint-Romain, l'archéologie se met au service du péplum.

Chacune des salles du musée de Lyon illustre l'archéologie gallo-romaine par un montage de cinq minutes environ, composé de deux ou trois extraits de films. Ainsi dans la salle consacrée à l'empereur Claude, né à Lyon et qui, par un édit fameux de l'an 48, fit entrer au Sénat des notables gaulois, on pourra voir des extraits de sa vie, telle que le cinéma l'a racontée : les railleries subies à la cour de Caligula, son accession accidentelle et inattendue au trône, son empoisonnement par Agrippine.

Plus loin, lorsqu'il s'agira d'illustrer la célèbre mosaïque des Jeux du cirque représentant la course effrénée de deux chars ou les vitrines consacrées à la gladiature, à la navigation, à la guerre, aux rites religieux, aux débuts du christianisme, on fera appel aux deux Ben-Hur, bien sûr, mais aussi à Théodora impératrice de Byzance, qui met en scène une course dans l'hippodrome opposant deux factions rivales, les Bleus et les Verts"...

Pour lire l'article en intégralité :
"Lyon, capitale du Péplum", par Claude Aziza, L'Histoire n° 380, octobre 2012, p. 22.

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"Péplum", du 9 octobre 2012 au 7 avril 2013, au Musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal, RD 502, 69560 Saint-Romain-en-Gal et au Musée gallo-romain de Lyon-Fourvière, 17 rue Cléberg, 69005 Lyon.
Rens.: www.rhone.fr ou 04 72 38 49 30.