Saturday, October 20, 2012

Arme redoutable !



The Roman Empress Messalina wife of Claudius w...
The Roman Empress Messalina wife of Claudius with little Britannicus 45 CE Rome (1) (Photo credit: mharrsch)
Objets et histoire De toutes les armes inventées au fil des millénaires, la plus subtile et la plus imprévisible reste le poison. Redoutable et puissant, longtemps indétectable aux sciences primitives, le poison, souvent soupçonné, mais presque toujours impossible à identifier dans le passé, règle de nombreux conflits successoraux ou achève de nombreux ennemis.

Découvert d’abord par les premiers hominidés au temps de la Préhistoire, le poison sert aux chasseurs surtout, afin d’augmenter leurs chances de tuer des proies beaucoup plus grandes et beaucoup plus grosses qu’eux. Chez les Égyptiens, le poison n’est mentionné que vers 300 av. J.-C. Il semble que dès cette époque, certaines substances toxiques soient déjà identifiées, notamment l’antimoine, l’arsenic dont l’étymologie veut dire « qui dompte le mâle ». La reine Cléopâtre elle-même a recours à la morsure de l’aspic pour se donner la mort en apprenant le décès de Marc-Antoine. 

La Grèce a aussi ses armes secrètes. La ciguë, entre autres, devenue presque familière dans le paysage domestique grec alors qu’elle fait partie des mœurs de certaines régions, à Céos par exemple, où l’on invite les vieux, désormais inutiles à la patrie, à boire le breuvage qui les mènera dans l’au-delà puisque leur heure est venue. Elle est également utilisée à des fins de règlements juridiques : certains condamnés se voient remettre la coupe mortelle, comme cet infortuné Socrate. La civilisation romaine élève au sommet la science de l’empoisonnement. Le poison prend dès lors des allures de régulateur politique ou conjugal. Chez les Romains, qu’il s’agisse simplement de l’époux encombrant, d’un siège au Sénat, du commandement des légions ou du trône de l’empire carrément, les ambitieux ne reculent devant aucune potion mortelle. Cyanure, herbes magiques ou champignons vénéneux sont à la base des plus puissants poisons de l’époque romaine. L’empereur Claude y a succombé, Britannicus aussi, et de nombreux autres membres influents de l’Empire romain. La mode du poison est si vive que chaque personnage important dispose d’un goûteur pour échapper, au moins, à l’empoisonnement alimentaire. 

Triomphant dans l’Empire romain, l’art du poison a laissé des traces dans les livres des alchimistes italiens. À la Renaissance, voilà qu’ils remettent cela avec la ferme intention de devenir encore plus subtils, car leurs clients sont des gens riches et célèbres. Comme la famille Borgia, César en tête. Au XVIe siècle, l’art de l’empoisonnement connaît un tel succès partout en Italie qu’il existe même une guilde d’alchimistes spécialisée dans l’assassinat au poison et connue sous l’appellation de Conseil des Dix. On sait également qu’il existe des écoles dans lesquelles on enseigne l’art de l’empoisonnement. 

Bien que la France connaissait déjà l’usage des poisons depuis fort longtemps, c’est sous le règne de Louis XIV qu’éclate la fameuse « Affaire des poisons », impliquant la plus illustre de ses favorites, la marquise de Montespan. Plusieurs autres figures nobles, comme la marquise de Brinvilliers, sont éclaboussées par ce scandale qui met au jour un commerce d’empoisonnements des plus lucratifs dans le royaume de France. Mais pire encore sera la découverte de toute l’étendue de cette horreur et de ses liens étroits avec des pactes sataniques et la célébration de messes noires. Aussi, pour couvrir l’aristocratie française et mettre un terme à cette histoire qui contrarie vivement le roi, on désigne Catherine Deshayes, veuve Monvoisin, aventurière et sage-femme, pour éponger les débordements du royaume, ainsi que trente-six de ses complices. La Voisin est brûlée en place de Grève le 22 février 1680, à titre de sorcière et d’hérétique, ce qui met un terme définitif à cette affaire. Toujours en France, Francois Rabelais, sur la route vers Paris, n’avait plus d’argent pour régler son dû à l’aubergiste ; il trouva un bon moyen en laissant dans sa chambre un petit sachet de sucre avec l’écriteau suivant « poison pour le roi ». La garde fut appelée et emmena directement Rabelais vers la capitale. Francois Ier qui appréciait fort son esprit lui pardonna... Et le dîner qui suivit fut gargantuesque ! 

Sources principales : histoire-en-ligne.com csitedujour.com 

histoires-et-secrets.com