Thursday, July 05, 2012

Les mystères de Rome

Existait-il une classe moyenne dans l'Empire romain? La réponse de Paul Veyne, professeur honoraire au Collège de France, auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels La Société romaine et Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes?, nous éblouit par sa finesse et son érudition. Et par ses résonances contemporaines. Avec L'Empire gréco-romain (1), nouvelle édition d'un recueil d'articles enrichis, le grand savant nous fait plonger au coeur de la civilisation gréco-romaine. 

Si nous en sommes les héritiers, elle garde tous ses mystères.Selon Paul Veyne, il existe bien, à Rome, une sorte d'étroite classe moyenne, une «plèbe» fortunée, par opposition à la foule de miséreux, pauvres au sens moderne du mot. Ceux-là sont des indigents, des egentes, et non des pauperes, terme qui désigne simplement ceux qui ne font pas partie du petit groupe des puissants richissimes. Ainsi, la «plèbe moyenne» se disait-elle «pauper, mais honnête», expression qui résonne encore dans l'inconscient collectif.

Cette plebs media a laissé des traces: dans les belles maisons de Pompéi ou d'Ostie, ou à travers les innombrables épitaphes qui transmettent une philosophie de la vie proche de celle du poète Horace. Cette plèbe prospère, conclut ce spécialiste au regard large, ne fut pas une vraie classe moyenne, avant tout à cause de son étroitesse.