Thursday, July 19, 2012

Camille Jullian - Vercingétorix _ Chap. XVI \ p. 6 & 7

Sur les trois fronts de bataille, enveloppant l'armée presque entière de Jules César, les quinze mille cavaliers de Vercingétorix s'élancèrent dans un formidable ensemble.
Les cavaliers romains de l'avant-garde et de la gauche furent comme submergés et dissipés : le chef gaulois n'avait pas eu tort, la veille, de les juger médiocres. Mais derrière les chevaux ennemis, les Celtes aperçurent les cohortes romaines, enseignes en marche, hommes en rang de combat, que César détachait du carré et faisait avancer en ligne d'attaque : et sur leur front rigide, vaincus et vainqueurs arrêtèrent leur fuite ou leur poursuite.

Ce fut alors, entre les légionnaires et les Gaulois, une rencontre confuse et terrible, la mêlée la plus incertaine et la plus longue où César eût encore exposé ses cohortes. Les Romains, sentant qu'il y allait du salut de tous, sachant la retraite coupée et la fuite impossible, combattirent avec une énergie de désespérés. Leur chef donna dans l'action comme un centurion de la rue. Il perdit son épée, qu'un Arverne emporta pour l'offrir à ses dieux. Il faillit perdre plus encore, si du moins il faut croire et rapporter à cette bataille l'anecdote que le proconsul lui-même racontait dans son journal : un cavalier gaulois le saisit et l'enleva en croupe, et s'eût été la fin de César, si le Barbare, ignorant le prix de son butin, n'avait commis la maladresse de le laisser échapper.

Via http://www.e-stoire.net/article-camille-jullian-vercingetorix-_-chap-xvi-p-6-7-107892393.html