Sunday, July 08, 2012

Camille Jullian - Vercingétorix _ Chap. XIII \ p. 7

Les deux adversaires se retrouvaient dans leurs positions de l'avant-veille. Mais l'armée romaine était harassée par la marche ou les combats ; les communications avec Nevers étaient moins faciles, et les vivres plus rares. Les Éduens envoyèrent des députés faire amende honorable, et César les reçut avec une parfaite bonne grâce : mais il ne fut point leur dupe, et savait que c'était seulement partie remise.

Il comprit enfin qu'il fallait arrêter le siège, abandonner Gergovie, gagner Nevers et Sens, rejoindre Labienus tant que les routes étaient libres encore. Et cependant, il ne put se résigner à donner le signal d'un départ qui ressemblait à une fuite, à quitter des yeux une proie qu'il convoitait depuis tant de semaines. Il commit une dernière faute, en rêvant jusqu'à la fin que sa Fortune lui fournirait une revanche, lui apporterait la chance d'un coup de main. Dans ces journées où il sent que la défaite le guette. César a perdu sa netteté d'esprit et son ferme bon sens : la vue de cette montagne et de cette armée proches et invincibles l'agace et l'exaspère, et ses soldats, comme lui, s'énervent à ne pouvoir escalader ces roches et mutiler ces visages. Il leur paraît à tous que la majesté du peuple romain est compromise, s'ils s'éloignent sans avoir fait quelque chose de bien.

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