Monday, February 06, 2012

Une crise urbaine à la fin du Haut-Empire ?

Les organisateurs de cette rencontre proposent d'engager une réflexion sur l'occupation et l'évolution des espaces civiques comme élément de compréhension de l'histoire urbaine et municipale dans les provinces occidentales de l'Empire entre le IIe siècle et IVe siècle.

L'histoire des communautés civiques, entre le Haut-Empire et l'Antiquité tardive, a longtemps été écrite comme celle d'un déclin progressif. Depuis plusieurs années déjà, quelques études ont montré que le modèle civique n'avait pas disparu avec la « crise » du IIIe siècle. Les difficultés qui sont apparues dans le cours de la vie des cités, parfois dès le IIe siècle, particulièrement dans les provinces d'Hispanie, signalent plutôt l'entrée de quelques cités dans une récession longue, qu'une ruine définitive de l'institution civique. La cité est restée, encore au IVe siècle, le premier cadre de vie des provinciaux et la cellule administrative fondamentale de l'Empire.

Néanmoins, l'image laissée par les communautés civiques se trouble progressivement entre le IIe siècle et le IVe siècle. La documentation tardive, peu abondante, souvent de nature juridique ou ecclésiastique et de portée générale, rend compte de la permanence globale de la vie municipale, mais la disparition progressive de la documentation épigraphique ne permet plus de cerner sa diversité et sa richesse. L'histoire individuelle des cités s'écrit souvent au regard de la seule documentation archéologique issue de la fouille des espaces civiques, entendus comme les lieux d'expression de la vie municipale. Or, les vestiges archéologiques livrent un tableau contrasté de l'évolution des espaces civiques. Si leur occupation semble se pérenniser sans changement significatif dans quelques grandes cités, ailleurs la dégradation de monuments et de lieux publics ou l'occupation des espaces civiques par des activités privées, voire leur abandon pur et simple, signalent des processus de changement dans l'activité civique qui tranche avec la perception actuelle de la pérennité de la vie civique. Alors qu'il n'est plus possible aujourd'hui de parler de crise ou de déclin de la civilisation municipale, comment faut-il interpréter ces changements ? S'agit-il de phénomènes localisés traduisant une sélection du réseau des cités ? Faut-il y voir le témoignage d'une transformation de la pratique civique et un changement dans l'utilisation des espaces dédiés à la vie de la communauté ?

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