Saturday, January 07, 2012

Le ciel astrologique gaulois et son messie

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-ciel-astrologique-gaulois-et-107175

… Le bruit court sous le manteau qu'il se trouve en Bourgogne des fresques très énigmatiques, que dans l'une d'entre elles, un Jésus d'avant Jésus-Christ du nom de Cléopas présente à Dieu des prépuces et qu'il en existe d'autres qui posent problème http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec….

Interrogé par diverses personnes, l'auteur de ces lignes explique qu'il n'y a là que du très normal, qu'à partir du moment où on accepte de placer Bibracte, non plus au mont Beuvray mais à Mont-Saint-Vincent, notre Histoire retrouve tout son sens, que ce ne sont pas les apôtres qui, en prêchant dans le désert, ont arraché les populations gauloises à leurs croyances païennes, mais que cela s'inscrit dans une logique d'évolution qui passe obligatoirement par les capitales du pays, et enfin, que rien ne descend à proprement dit du ciel et que tout s'explique dans un contexte historique (extrait d'un de mes ouvrages que j'ai fini d'écrire en 2005, évidemment refusé par les maisons d'édition).

… que rien ne descend du ciel ? A chacun de se faire son opinion… ciel astrologique ou ciel de l'esprit ?


Pour les Esséniens, le ciel n'était pas vide. Les découvertes de Qumrân nous ont révélé les textes anciens à partir desquels ils développaient leur réflexion, depuis le livre d'Enoch en passant par les visions célestes des prophètes. Et même, l'Apocalypse de Jean que j'attribue à Jean de Gischala, un adversaire de Paul, ne peut se comprendre qu'à condition de le lire en contemplant le ciel. Le gros problème est que ces Juifs ne nous ont pas transmis sur une carte détaillée leur vision astrologique du ciel. Heureusement, le ciel de l'abside de Gourdon nous permet d'en reconstituer avec précision la partie centrale ; l'iconographie dite romane nous permet de dresser le reste de la carte. http://bibracte.com/images/stories/…

Voici un très étonnant bas-relief exposé au musée des Augustins de Toulouse. On y lit, en haut et à gauche : signus leonis, le signe du lion ; en haut et à droite : signus arietis, le signe du bélier ; et au centre : hoc fuit factum tempore Julii Cesaris, ceci fut fait au temps de Jules César. Le double symbole me paraît évident d'autant plus qu'il s'inscrit dans les constellations du ciel. D'un côté, le lion de la guerre, de l'autre le bélier de la paix. Ce bas-relief d'origine manifestement gauloise est un document qui nous prouve qu'au temps de César, la Gaule projetait ses valeurs et ses principes de bonne gouvernance dans un ciel astrologique. Il en était ainsi en Egypte où le pharaon était représenté avec la crosse du pasteur et le fouet qui châtie.

J'ai émis précédemment l'hypothèse que lors de l'affaire des Gaules que rapporte César, Dumnorix aurait pu être le lion de la guerre et Divitiac le bélier de la paix. Il me semblait en effet que cette dualité de commandement qui apparaît dans les Commentaires, mais que César n'a pas comprise, se retrouvait dans les fresques de Gourdon dans l'évocation de deux messies. Le chevalier qui descend du ciel en armure entre Gabriel et Marie pourrait être le lion de la guerre et le messie qui fait l'offrande des prépuces, le bélier de la paix. Remarquons toutefois qu'il y a dans le mot Cleopas, l'expression "Leo pascis", le lion de la paix, simple nuance peut-être rajoutée plus tard. http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec…

Quand j'ai pris la photo qui figure ci-joint et dans le lien pré-cité, je ne m'imaginais pas que les restaurateurs allaient effacer le messie en armure qui descendait du ciel. Ma photo n'était pas de très bonne qualité et puis, avec le temps, certains détails se sont estompés. Les inscriptions et les noms des personnages étaient bien indiqués mais n'apparaissent pas sur ma photo. Il est manifeste que le fresquiste a représenté l'ange Gabriel en l'identifiant à la constellation du lion - symbole du courage guerrier honoré dans les chapiteaux du temple de Mont-Saint-Vincent. Il est manifeste qu'il a représenté Marie dans la constellation du bouvier ; une Marie qui représente la population juive qui s'est installée à Gourdon et à Bibracte. Il s'agit d'un nouvel Israël qui était appelé à conduire le monde. La formule "Ave Maria" figure dans le protévangile de Jacques de l'an - 4 mais elle peut très bien être antérieure. Le carquois dont on voit la bandoulière évoque celui d'Apollon mais, à mon sens, dans une version plutôt juive que grecque. A noter que sur une médaille de l'Helvète Orgétorix frappée "pour les Eduens", sa fille, promise à Dumnorix, porte également le carquois d'Apollon.

 Comme je l'ai expliqué pour l'auteur de l'Apocalypse, le fresquiste a fait bouger le ciel - c'est en effet l'art de la prophétie que de montrer dans le ciel ce qui va se passer avant que cela n'arrive sur terre et c'est aussi une façon d'inciter le peuple à regarder le ciel et à être vigilant. Précédé de l'étoile brillante des Lévriers, entrainé dans le mouvement tournant de l'univers, Hercule a commencé son lent mouvement de descente tout en l'accélérant. Son bras droit s'enfonce dans la constellation de l'ange Gabriel tandis que le bras gauche a conservé sa courbure caractéristique, le carquois restant toujours dressé (non représenté sur mon dessin ; je crois me rappeler qu'on en voyait encore la trace sur la fresque). Le message est clair : le messie est en train de descendre du ciel. L'événement est imminent.

Le doute étant le propre de l'homme sage, nous nous reportons maintenant à la médaille frappée au nom de Dubnorex/Dumnorix au dos de laquelle est représenté un chevalier armé de pied en cap. L'attitude du personnage nous invite à le placer dans le ciel. Il porte casque à paragnathides et épaulières rembourrées. Son bâton de commandement est accroché à sa ceinture. Passant le bras par dessus la constellation du lion qui s'apprête à féconder celle de la Vierge, il tient fermement de la main droite le sanglier qui se trouve dans la Grande Ourse, symbole du courage militaire. De la main gauche, il tient une tête coupée, sa propre tête/âme, pour bien monter qu'il a fait le sacrifice de sa vie. A l'arrière-plan, le carnyx gaulois, voix du chef et voix de Dieu, a la même signification que le tambour qui bat la charge. De toute évidence, ce Dumnorix en armes correspond bien mieux au texte de César que le triste et ridicule mannequin exposé au musée archéologique européen. Voilà bien la preuve éclatante de l'égarement de l'archéologie dite scientifique née sur le mont Beuvray. 

Il y a donc similitude dans nos deux exemples et, comme on dit dans le langage du renseignement militaire, recoupement de l'information. Il s'agit de la même espérance, l'espérance d'un messie et même de deux messies si on ajoute celui qui offre les prépuces. Difficile de ne pas voir dans ces deux messies, ceux que les textes esséniens de Qumrân ont annoncés : le messie sacedotal, celui qui offre les prépuces, et le messie d'Israël, celui qui va rétablir les douze tribus dans leur rôle divin de peuple élu.

Mais voyons la suite.

J'ai expliqué dans mes précédents articles comment les Esséniens de Palestine ont repris la main sur ceux de la diaspora de Bibracte avec leurs quatre évangiles. J'ai expliqué comment la communauté essénienne de Jean dit le Baptiste avait essayé, ainsi que les suivantes, de convertir notre Cléopas éduen au Jésus de Nazareth et comment, finalement, le grand conseil essénien de Gamala l'avait emporté. J'ai également montré comment, en Gaule, la figure de Cléopas avait perduré tout en évoluant dans un messie qui fait l'offrande du pain avant de le distribuer à la foule. J'ai scruté un nombre relativement conséquent de chapiteaux dits romans que la science officielle date du Moyen-âge mais, malgré la meilleure bonne volonté du monde, je n'en peux attribuer la plupart qu'à nos Gaulois.

Dans la cathédrale de Chalon-sur-Saône, je ne vois, au III ème siècle, que de l'Ancien Testament, avec un messie essénien qui n'est pas encore descendu du ciel mais dont on attend toujours la venue. Dans celle d'Autun, c'est Constantin qu'on espère être le Sauveur tandis qu'à Vézelay, l'espérance se porte sur l'empereur Julien. Dans la basilique de Saulieu, le sauveur se fait voir aux femmes dans un geste d'Apollon, confirmant par là les discours du rhéteur Eumène du IV ème siècle qui n'évoquait, en pays éduen, que des temples dédiés à Apollon. Ce n'est qu'au milieu du V ème siècle que s'élève à Lyon la première grande cathédrale qu'on peut dire chrétienne, l'actuelle cathédrale Saint-Jean, toujours debout. Sidoïne Apollinaire a mentionné cet important événement.

En Auvergne, dans les chapiteaux de Notre-Dame du Port, au début, selon moi, du V ème siècle, on voit bien la fameuse annonce à Zacharie, la perplexité de Joseph s'interrogeant sur le grossesse de Marie - tout ce qu'a écrit Jacques dans son protévangile de l'an moins 4 - mais point de naissance de Jésus. C'est toujours une Gergovie qu'on honore, mais sous le nom d'une Marie dont on espère la résurrection http://www.art-roman.net/ndport/ndp…. Contrairement à ce qu'indique le lien, ce n'est pas Jésus qui accueille sa mère dans le ciel mais Dieu en personne. Ces traits d'homme âgé, portant barbe fournie, ne peuvent évidemment pas évoquer un Jésus âgé seulement d'environ 33 ans mais un Dieu père. Et puis, comme nous sommes au paradis, il faut bien que Dieu s'y trouve.

Difficile de ne pas voir dans ce culte marial la prolongation du culte de la vierge-mère, la virgo parutura, la vierge qui devait enfanter, ce qu'illustrent d'une façon ô combien éclatante les magnifiques statues des vierges auvergnates. Aussi incroyable que cela soit, la cité arverne vit encore, au début du Vème siècle, dans la survivance de son druidisme originel tandis qu'en pays éduen, le druidisme a été davantage modifié par le judaïsme comme le prouvent les fresques de Gourdon. Et c'est bien ce que Celse rapporte, bien que critiqué par Origène, à savoir qu'il y avait beaucoup de points communs entre le druidisme et le judaïsme. Il fallait comprendre qu'il s'agissait plutot du druidisme éduen que du druidisme arverne.

Bref, ce n'est qu'à partir du milieu du V ème siècle qu'on peut dire que la Gaule est devenue officiellement chrétienne. La meilleure preuve en est le curriculum vitae de Sidoïne Apollinaire dont les écrits montrent bien son "passage" qui l'a conduit du bon vivant qu'il était à se reconvertir en un saint évêque d'une papauté en plein essor.

J'ai scruté un nombre relativement conséquent de chapiteaux dits romans que la science officielle date du Moyen-âge mais, même là où cela semble le plus incontestable pour les experts en art roman, je ne peux raccorder tout cela qu'à la période gauloise et à son génie poétique. Les représentations très détaillées et très réalistes de la vie de Jésus, les représentations brutales de la crucifixion et autres scènes typiques des évangiles que l'on trouve dans les tableaux, enluminures et autres ouvrages du Moyen-âge, on ne les voit pratiquement pas dans les sculptures de l'art dit roman. On cherche en vain dans ces chapiteaux une inscription au nom de Jésus et on ne trouve en Auvergne, dans Notre-Dame du Port, qu'une phrase au déchiffrement difficile n'évoquant qu'un nouveau David de la descendance de Jessé ; un nouveau David casqué tel qu'il est représenté sur son chapiteau.

Il faut attendre la construction de l'Abbatiale Saint Austremoine d'Issoire pour voir enfin apparaître un christ portant sa croix, des disciples qui s'interrogent, un dernier repas avec Jean couché sur le flanc du Christ, la scène de la flagellation, celle des gardes endormis à côté des femmes attendant la résurrection, et enfin un christ ressuscité qui se fait voir http://www.romanes.com/Issoire/Sain…. Tout cela est une illustration de l'évangile de Jean, premier évangile selon moi. Mais ce qui est remarquable, c'est qu'il ne s'y trouve que l'évangile de Jean. La question est de savoir comment les Gaulois interprétaient cet évangile. Y voyaient-il un évènement vécu, une allégorie poétique ou une espérance du genre prophétie ?

Il est bien évident que ces merveilleuses sculptures gauloises s'accordent mal avec les thèses officielles d'une Gaule inculte née sur le mont Beuvray. C'est probablement pour cette raison qu'on a refusé de prendre en considération mes articles sur ce sujet et que les libraires ont placé mes ouvrages sur les rayons poussiéreux que l'on cache au public. Pour justifier cet héritage que nous avons reçu avant la Renaissance, on manipule notre Histoire. On nous dit que la fin du X ème siècle a été marqué par des violences, des famines et des épidémies, ce qui est exact, et on ajoute, ce qui est absurde, que c'est dans ce contexte de misère totale que les peuples auraient été inexplicablement saisis par une frénésie eschatologique qui les aurait poussés à construire la plupart de nos cathédrales romanes, une véritable floraison. Comment peut-on encore croire à une telle absudité dans les hauts milieux de la Culture ? Exit les Gaulois dont les archéologues disent encore aujourd'hui qu'ils ne savaient construire qu'en bois. Exit les sculpteurs gaulois, inventeurs d'un bestiaire d'une incomparable diversité que les experts leur retirent pour les attribuer au Moyen-âge, à une époque où ils devraient pourtant savoir que l'Eglise ne tolérait que les images pieuses avant de les interdire. On imagine une abbaye de Cluny fondatrice alors qu'elle n'a fait que recueillir l'héritage de la Bibracte gauloise de Mont-Saint-Vincent. On loue son esprit de pauvreté alors que la principale activité de ses moines était de se rendre au chevet des mourants pour recueillir leur héritage au nom de Dieu.

Inutile de dire que je suis en total désaccord avec cette façon d'attribuer au Moyen-âge ce que nous devons à la Gaule.

Le mont Beuvray a reçu hier l'hommage de François Mitterrand ; Cluny a reçu tout récemment celui de Frédéric. Le Mont-Saint-Vincent attend toujours l'homme politique intelligent qui lui rendra son honneur.

par Emile Mourey (son site) lundi 2 janvier 2012 - 26 réactions
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