Monday, January 02, 2012

A la recherche du pont romain de Chassenon

http://www.charentelibre.fr/2011/12/30/il-suffit-de-trouver-le-pont,1072329.php

Charente Limousine

Les archéologues sont à la recherche du pont romain qui franchissait la Vienne à Chassenon. Des fouilles subaquatiques sont programmées au printemps.

De l'usine hydroélectrique arasée ne reste qu'un pan de mur dans lequel on trouve de gros blocs de granit: traces de l'ancien pont romain, se demandent les archéologues. Repro CL

Question: les Romains avaient-ils construit un pont pour franchir la Vienne tout près du site de Cassinomagus, là où les deux communes de Chassenon et d'Etagnac comptent chacune un hameau qui s'appelle «Pilas»? Bien possible. Ou probable. Pour le «certain», Sandra Sicard va se pencher sur la question.

L'archéologue du conseil général, rattachée au site de Cassinomagus, n'attend plus que la belle saison pour lancer les véritables investigations, en collaboration avec le Service régional de l'archéologie (SRA), la branche archéo de la direction régionale des Affaires culturelles.

Une première phase de diagnostic de cette opération pilotée par le département de la Charente s'est déroulée au mois de juin dernier. «Tout est parti du projet d'une entreprise, la SARL Hydro-Tres, qui veut réaliser une centrale hydroélectrique sur le site d'un ancien moulin du XIIIe siècle, auquel a succédé au XIXe siècle une première usine hydroélectrique», décrit Sandra Sicart.

Or cette ancienne centrale électrique, aujourd'hui rasée, pourrait bien se trouver sur l'axe routier qui menait de Vesunna - Périgueux - à Lemonum - Poitiers - à l'époque romaine. Voie nord-sud qui coupait à Cassinomagus/Chassenon, le grand axe transversal de la Gaule de César et d'Auguste, la via Agrippa qui reliait Mediolanum Santonum - Saintes - à Lugdunum, Lyon.

Des blocs de granit retrouvés dans la Vienne

Et pour franchir une rivière, rien de tel qu'un pont. «La toponymie locale pourrait nous donner raison avec ce "Pilas" qui rappelle les piles d'un pont et qu'on retrouve de chaque côté de la Vienne», note l'archéologue, toutefois déçue de ne pas avoir retrouvé au mois de juin les bases de ce pont.

Encore que… «On a retrouvé un ancien mur, probablement l'un des murs du moulin du XIIIe siècle, dans lequel étaient inclus de très gros blocs de granit, peut-être les fondations du pont antique que nous recherchons», explique-t-elle.

Ce pont qu'en 1936, le propriétaire d'alors de l'usine hydroélectrique avait peut-être trouvé en asséchant pour partie la rivière, découvrant dans le lit des blocs carrés accrochés les uns aux autres par des crampons en fer, ainsi qu'un bec triangulaire en pierre, cet élément qui protège traditionnellement les ponts côté amont.

Pour faire la lumière sur ce site, deux phases d'investigation sont programmées en avril-mai (cinq jours) et juin-juillet (cinq jours). Avec des fouilles subaquatiques qui pourraient permettre de retrouver les fondations de ce fameux pont, situé à 3 kilomètres au nord des thermes de Chassenon. «Nous serons aidés par deux spécialistes, note Sandra Sicart, Jean-François Mariotti, du SRA, et Annie Dumont, du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines de Marseille.»