Tuesday, January 03, 2012

1er janvier 404 : le moine Telemachus prive à jamais l'Occident des combats de gladiateurs.

1er janvier 404 : le moine Telemachus prive à jamais l'Occident des combats de gladiateurs. Bon sang... - Le Point
http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/1er-janvier-404-le-moine-telemachus-prive-a-jamais-l-occident-des-combats-de-gladiateurs-bon-sang-01-01-2012-1414199_494.php

Les jeux du cirque à l'époque de la Rome antique, c'était autre chose qu'une corrida… Deux hommes, deux mâles s'affrontant dans une arène avec la foule qui hurle à mort, le pouce baissé. C'était autre chose qu'une corrida avec un mec habillé en sapin de Noël qui massacre un taureau innocent. Le barbare qui nous a privés à jamais d'un tel spectacle se nomme Telemachus. Il s'agit d'un ascète du IVe siècle, probablement originaire de Turquie. Son histoire nous est connue grâce à Théodore, évêque de Cyrrhus (Syrie) au Ve siècle, et historien à ses heures perdues.

Telle Jeanne d'Arc, Telemachus entendit un beau jour une voix lui dicter une sacrée mission. La sienne serait de se rendre illico presto à Rome. La voix n'eut pas la politesse de lui fournir la moindre explication. Bon petit soldat de Dieu, Telemachus se met aussitôt en route. Certainement la première qui se présente à lui puisqu'à l'époque, déjà, elles mènent toutes à Rome. Après plusieurs mois d'un voyage éreintant, notre bon moine finit par atteindre les faubourgs de la capitale de l'Empire romain. Immédiatement, il est pris dans une foule qui se rend au Colosseum pour assister aux jeux du cirque offerts par l'empereur Honorius. Il se laisse entraîner, pénètre dans l'enceinte et s'installe dans les tribunes, même si ce genre de spectacle où le sang coule à flots lui répugne. Les chrétiens de l'époque condamnent formellement les combats de gladiateurs. Aussi, lorsque deux d'entre eux apparaissent sur le sable et entament leur combat, Telemachus n'y tient-il plus : il saute dans l'arène pour s'interposer entre les deux combattants, criant à trois reprises : "Au nom du Christ, reculez !"

On imagine la stupeur des deux bonshommes pressés d'en découdre. Le bon moine se retourne alors vers la foule pour la supplier de renoncer à adorer des idoles et à sacrifier aux dieux. Celle-ci lui répond par un rugissement de fureur. Bon sang, encore un de ces chrétiens qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. Le public hurle, tempête, on dirait un dogue à qui un inconscient aurait arraché un os de la gueule. Le moine ne fait pas mine de s'éclipser. Alors les projectiles pleuvent sur lui. Les plus enragés lui balancent de grosses pierres. Le malheureux finit par s'écrouler, touché à mort. Le combat peut alors reprendre.

Cependant, il n'est pas mort pour rien. L'empereur Honorius, à qui on rapporte l'histoire, s'émeut. D'après l'évêque Théodore, il aurait alors décrété la fin du "spectacle impie". On n'attend plus que Brigitte aille à son tour se jeter entre le taureau et le toréador pour que Nicolas Sarkozy, ému, décrète l'interdiction des corridas. On peut rêver, non ?