Friday, December 02, 2011

Les spécialités de la médecine gallo-romaine 2/2

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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 06:06

La médecine thermale

malade.jpgLes villes d’eau revêtent une importance primordiale pour les Gallo-Romains et des sources thermales comme celles de Vichy, Néris-les-Bains et Bourbon-l’Archambault dans l’Allier, Bourbonne-les-Bains en Haute-Marne et Bourbon-Lancy en Saône-et-Loire, faisaient déjà l’objet d’une exploitation rationnelle. Une légende prétend d’ailleurs que Julie, fille de l’empereur Auguste, vint en cure à Dax (Aquae Tarbellicae). Quant à l’empereur lui-même, on affirme qu’il vantait la qualité des eaux thermale des Pyrénées. Il n’est que de regarder sur un itinéraire routier romain, la Table de Peutinger, la taille des vignettes symbolisant les villes d’eau pour mesurer toute cette importance. Médecine et religion s’imbriquaient intimement près de ces sources aux eaux desquelles une divinité avait conféré des vertus curatives. Le dieu Borvo –ou Bormo- se trouve ainsi à l’origine de noms de lieux déjà évoqués comme Bourbon ou Bourbonne, tandis qu’Apollon régnait sur bien des sources et fontaines, éclipsant largement Esculape, le dieu romain officiel de la médecine dont huit inscriptions et seize représentations seulement sont connues pour l’ensemble de la Gaule.On venait chercher la guérison dans ces sanctuaires des eaux et les pélerins malades, en témoignage de reconnaissance pour l’amélioration de leur état ou en oblation avant le traitement, offraient des ex-voto à la divinité de la source. Ex-voto qu’ils déposaient directement dans l’eau ou disposaient dans les édifices cultuels. Plusieurs milliers en bois, pierre, bronze ou terre cuite, représentant la partie de corps malade, ont été recueillis en Gaule, principalement aux sources de la Seine (Côte-d’Or) et à la source des Roches à Chamalières dans le Puy-de-Dôme. Leur diversité ne manque pas d’étonner, non plus que leur facture naïve et on y découvre pêle-mêle des têtes –parfois seules, parfois superposées- des jambes, des genoux, des pieds, des bras, des mains, des seins, des organes sexuels, des troncs, des yeux et même des planches anatomiques, c’est-à-dire la représentation d’organes internes (poumons, trachée, foie…) sculptés en bas-relief sur des planchettes.
Les plantes médicinales
Elles conféraient à la Gaule une place de choix au sein de la médecine antique. Après la cueillette, elles étaient vendues brutes ou déjà préparées, chez des herboristes ou droguistes, les seplasiarii, dont les plus prospères assuraient l’expédition par ballots dans tous le monde grec et romain.
Deux plantes surtout jouissaient d’une grande renommée : l’herbe de Saintonge et le nard celtique. La première appelée aussi absinthe de Saintonge, était réputée souveraine contre les vers intestinaux et les maux de ventre. La seconde n’est autre que la valériane officinale qui croît très facilement dans les endroits humides. Ses racines s’avéraient les plus efficaces et on les mettait à sécher sur des claies avant de les prescrire sans doute sous forme d’onguents, d’huiles ou d’infusions. Ses propriétés étaient multiples et on l’utilisait comme diurétique, comme potion pour le foie et elle entrait pour une large part dans la composition d’antidotes.
D’autres plantes utilisées portaient des appellations d’origine gauloise à côté de leur noms grecs et latins. Parmi de nombreux exemples, citons le nénuphar (Baditis), l’aigremoine (Korna), la camomille (oualoida) et la grande chélidoine (thona).

Source : Les Gallo-Romains, Gérard Coulon éd. Armand Colin