Tuesday, December 13, 2011

La technique fait revivre l'Empire romain

La technique fait revivre l'Empire romain
http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/la-technique-fait-revivre-lempire-romain

Pawel Delag, un acteur européen pour incarner Marc Antoine dans une impressionnante reconstitution historique réalisée grâce au dernier cri de la technique.

Etrange programme que ce « Destin de Rome » diffusé cette année par Arte. Documentaire ou fiction ? Assurément les deux mais dans un genre totalement inédit à la télé. Si l'on ajoute que le thème principal est l'Empire romain reconstitué en images de synthèse et que les dialogues sont en latin et en grec, on imagine le culot du réalisateur Fabrice Hourlier et celui des dirigeants de la chaîne franco-allemande qui ont mis cet époustouflant livre d'images à l'antenne. Une fois n'est pas coutume, il faut d'abord regarder le making of (26 minutes) pour apprécier à sa juste valeur l'impressionnant travail réalisé pour obtenir ces deux heures de spectacle. Il a fallu trois années de travail pour parvenir à retracer le destin des deux hommes, Marc Antoine et Octavien, qui se sont disputé l'Empire romain après le meurtre de Jules César. De longues recherches ont tout d'abord été nécessaires pour écrire le scénario qui inclut deux batailles historiques, celles de Philippes et d'Actium. Le tournage a été réalisé quasi intégralement en studio, à Malakoff. Les acteurs ont été filmés sur fond vert et grâce à la technique de « performance capture » et à la 3D, ils se sont retrouvés dans une Rome antique parfaitement reconstituée, au cœur de batailles navales surprenantes ou lascivement allongés près de Cléopâtre. Six graphistes et leurs ordinateurs ont œuvré pour redonner vie à l'Antiquité. Un travail de bénédictins surveillés par une palanquée d'historiens émérites qui apparaissent à l'image pour éclairer de leur savoir les alliances et les coups fourrés omniprésents de Rome à Alexandrie. Pour pimenter le tout, les acteurs, venus de toute l'Europe, ont dû se mettre au latin et au grec pour satisfaire aux souhaits des auteurs. Une lourde contrainte mais ils s'en sortent très bien. C'est assez impressionnant d'ailleurs de les voir en pleines répétitions.
Fabrice Hourlier, le réalisateur, confie dans les suppléments que son objectif était de démocratiser le savoir. En utilisant une technique dernier cri, il bien a réussi à marier la rigueur historique et le grandiose du spectacle.
« Le destin de Rome ». Documentaire-fiction française (2010 - 2 x 52 minutes). Chiloe Productions. 20 euros.