Tuesday, November 08, 2011

Isabelle Dethan au temps des Romains

Isabelle Dethan au temps des Romains
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8 November 2011 | 04h00
Mis à jour | 07h30

Loisirs

Isabelle Dethan au temps des Romains

Après l'Egypte antique et le XIXe, Isabelle Dethan se plonge au coeur de l'empire romain. Avec une nouvelle aventure, «Les ombres du Styx», sur fond de meurtres d'enfants.

Pour cette nouvelle série, Isabelle Dethan a choisi l'empire Romain en 205 après Jésus Christ, un univers où la vie des faibles compte peu.Photo Phil Messelet

Elle avait l'histoire, il ne lui manquait que le décor. Isabelle Dethan, scénariste angoumoisine de «Khéti fils du Nil» et du «Tombeau d'Alexandre», mais aussi auteur de «Sur les terres d'Orus», a finalement choisi Leptis Magna pour y faire vivre une enquête délicate au sein de la bonne société romaine, en 205 après Jésus Christ.

Le premier tome «Des ombres du Styx» vient de sortir. Des enfants de familles nobles sont enlevés, violés et tués, puis retrouvés momifiés. L'empereur Septime Sévère envoie son meilleur limier: Marcus Seïus Dento. Il va devoir résoudre l'énigme et contenir la soif de vengeance des familles, tentées de s'en prendre aux Égyptiens.

Pourquoi ce changement d'époque ?

Isabelle Dethan. Je voulais surtout faire quelque chose au coeur de la société romaine. Ensuite, le choix de la ville a déterminé l'époque. J'avais besoin d'une ville importante. Leptis Magna a connu son apogée à cette période avant de disparaître sous le sable au moyen-âge pour être redécouverte au XVIIe. Elle est d'ailleurs toujours visitable. Elle se situe en Lybie.

Il parait que vous avez eu l'idée de l'histoire en regardant la série Dexter ?

Disons qu'en regardant comment Dexter arrivait à se fondre dans la société, je me suis demandé comment un serial killer pourrait être intégré dans une société moins civilisée. Mais il ne faut pas s'attendre à voir Dexter. Mon histoire se concentre sur cet enquêteur qui travaille à l'ancienne. Qui n'avait pas tous les outils scientifiques dont on dispose aujourd'hui.

Dans ce premier tome, on croise beaucoup de personnages, le meurtrier est-il parmi eux ?

Il y a des indices mais on ne le voit pas franchement. Il faudra attendre le tome III pour avoir les clefs de l'énigme et se rendre compte qu'il y avait beaucoup d'indices déjà dans le tome I.

Pourquoi choisir le meurtre comme trame narrative ?

C'est une façon rapide de rentrer dans une société et dans les vies des différents protagonistes. Avec seulement 46 pages, il faut être très vite dans le vif du sujet. Et puis les actions violentes sont généralement révélatrices de ce qui ne va pas au sein d'une société.

Et la société de l'empire romain ne va pas bien ?

Les Romains sont des guerriers. Le fort domine les faibles comme les femmes, les enfants ou les esclaves. C'est une société où la morale dépend de celui qu'on a en face. Mais l'action de mon histoire se situe aux prémices de changements.

Vous avez beaucoup «enquêté» sur l'époque et la ville ?

J'ai beaucoup lu. J'ai rencontré des spécialistes. Malgré mes recherches, il reste des questions sans réponse. Par exemple, les filles n'avaient pas de prénom. Elles portaient juste le nom de la famille. Je ne sais toujours pas comment on pouvait distinguer les soeurs entre elles lorsqu'il y avait beaucoup de filles dans une même famille. Ceci dit, ils pratiquaient beaucoup l'infanticide des filles.

Vous menez plusieurs projets en même temps, à des époques différentes, ce doit être difficile ?

Au contraire, c'est rafraîchissant. Un album, c'est un an de travail. Un an toujours avec les mêmes personnages. Mener deux ou trois projets d'un coup, ça permet de changer d'air quand une histoire vous étouffe.

«Les ombres du Styx - tome I Le maître de l'éternité», Isabelle Dethan, 46 pages, Delcourt.