Wednesday, June 08, 2011

Les trafics dans les îles de Méditerranée centrale et occidentale au Premier âge du Fer

Kursike : telle est la transcription d’un graffite étrusque lisible sur une céramique recueillie à Populonia ; un mot perçu comme le qualificatif d’un individu à la fois lié à la Corse et impliqué au sein du District minier au cours du Ve s. av. J.-C.1. Entre l’entité qu’il dénomme et la langue employée pour l’exprimer, Kursike prendrait presque des allures de métaphore : car c’est un véritable trait d’union à travers la mer Tyrrhénienne que ce graffite esquisse. À lui seul, le terme Kursike résume à merveille l’esprit de cette thèse, consacrée aux modalités d’insertion des communautés corses dans le paysage des circulations humaines, matérielles et immatérielles, en œuvre au Premier Millénaire avant notre ère.

À l’origine de cette étude, on pourrait invoquer des causes subjectives et objectives. La thèse est d’abord le fruit d’un double attrait : attrait pour la thématique des échanges d’une part, et pour le monde insulaire d’autre part. « J’ai besoin de la médiation d’autrui pour être ce que je suis », déclarait Jean-Paul Sartre. L’interaction, dont les aspects destructeurs sinon infernaux hantent l’œuvre de cet auteur, est malgré tout érigée ici en composante de l’identité individuelle, et par-là même de la survie. Le monde insulaire cristallise cette aptitude de l’échange à provoquer la nouveauté et l’évolution. L’île apparaît comme un laboratoire exceptionnel, un lieu de métissage sans précédent. Elle génère des espèces animales et végétales spécifiques. Elle est le théâtre d’expériences culturelles originales entre les sociétés humaines qui s’y développent et s’y croisent.

Plus par Marine Lechenault